Comités
Comité des élèves (This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.)

Antuszewicz Nina 4C61
Bastos de Sousa Inês 4C61
Bernard Ben 7C5
Buser Carla 5C5
Friob  Claude 2B
Huberty Luca 5C3
Matos Lima Africa 4C62
Meisse Victoria 6C2
Richartz Emilie 6C5
Richartz Marie 4C63
Speidel Karim 6G4
Turquin Pierre 3CD
Weirig Nils 5C2

Comité des parents d’élèves (This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.)
Peggy Mantz, présidente
Anne Scheer, vice-présidente


Comité de la conférence 
(This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.)
Nadine Elcheroth présidente
Chantal Mitsch, vice-présidente
Paul Klensch, secrétaire
Alain Flammang
Elisabeth Ketter
Susi Loewen
Christine Schammel
Saskia Weides
Leslie Weissen
Dan Filauro
Petra Wernsdorfer

 

 

 

Le mot du directeur

  • Publié le 30 juin 2022
    Diversité
    Au lycée Ermesinde, il est coutume d’attendre de la part des élèves et des groupements d’élèves des résultats probants.
    Cela est bien visible et bien connu au niveau des entreprises qui ne cessent de gâter la communauté et le grand public par des performances exceptionnelles de toutes formes, culinaires, culturelles, littéraires, artisanales, artistiques, etc.
    Cela est moins visible et moins connu au niveau des branches autour desquelles se réunissent les classes dans les maisons.
    C’est surtout moins attendu du côté des cours qui traditionnellement servent avant tout à la transmission. Qui dit transmission n’est pas dans l’originalité, pas dans la création. La classe se réunit pour apprendre sans pour autant créer quelque plus-value que ce soit qui mériterait d’être communiquée vers l’extérieur. L’enseignant attend idéalement que la classe tire profit de son cours, à savoir le plus d’élèves possible, indépendamment l’un de l’autre.
    Dans cette façon de considérer les choses, la classe apparaît comme récepteur. Il y a des élèves qui reçoivent plus ou moins bien, des classes qui reçoivent plus ou moins bien, parce que composées d’élèves recevant plus ou moins bien.
    Ce mode de fonctionnement relève d’une erreur fondamentale, consistant à supposer que les jeunes gens demandent à recevoir plutôt qu’à donner.
    Au lycée Ermesinde, dans les branches interdisciplinaires notamment, on attend des élèves qu’ils fournissent et qu’ils partagent leurs connaissances, leurs recherches, leurs expériences, leurs réflexions et leurs appréciations. La classe, loin d’être l’entonnoir, est la source.
    Il serait scandaleux de passer à côté de la richesse d’une classe, de sa diversité de savoirs, de provenances et de personnalités.
    Dans les branches interdisciplinaires, le lycée Ermesinde attend des classes qu’elles se prononcent sur une question précise en liaison avec une grande thématique du moment, comme l’habitation, l’habillement, l’alimentation, la santé, l’argent, etc. Le lycée Ermesinde attend de ses enseignants de s’intéresser au savoir et à l’expérience des élèves, de les faire parler, rechercher, réfléchir et coopérer. Cet exercice profite d’autant mieux à chaque élève qu’il est collectif. Il suffit d’attendre de tout le monde qu’il contribue d’une façon aussi engagée que personnelle pour que le cours aille de surprise en surprise et fasse émerger, par émulation d'idées, des contenus importants, méritant d’être partagés.

  • Publié le 13 mai 2022
    Entreprises
    Les prouesses de nos entreprises ne sont plus à démontrer. Les niveaux de performance atteints dans les productions, les services et les spectacles dépassent très souvent toute attente. Comment est-ce possible ?

    Le lycée Ermesinde n’est pas une école au sens commun du terme, composé essentiellement de cours assurés par des enseignants selon des programmes bien définis. Dans la scolarité des élèves du lycée Ermesinde, les cours ne viennent qu’en troisième lieu, après les travaux personnels et les entreprises. Qu’est-ce qui peut justifier une telle hiérarchie ?

    Notre civilisation a fini par miser sur l’enseignement scolaire pour essayer de garantir le minimum de culture qu’elle veut conférer à chaque citoyen. Malheureusement, cette politique du minimum n’a cessé de s’allonger au cours des dernières décennies. Or il est important à nos yeux de mener auprès de l’enfance et de la jeunesse non seulement une politique de l’obligation, de l’offre et du minimum, mais aussi au contraire une politique de l’engagement, de la demande et du maximum.

    Par rapport aux élèves, nos entreprises sont essentiellement dans la demande. Nous exigeons de nos élèves de s’engager dans une entreprise correspondant à leurs capacités, à leurs intérêts et à leurs ambitions. Nous demandons d’un autre côté aux entreprises de recruter les élèves les plus utiles et les plus capables afin de pouvoir disposer d’un personnel performant. Les élèves tirent de cette politique le plus grand bénéfice, car la motivation et la performance viennent avec l’excellence et l’utilité collective de leur travail. Grandir dans une entreprise, être initié par des élèves expérimentés et atteindre petit à petit des compétences de plus en plus profitables, apparaît comme un défi, un devoir et un honneur.

    En comparant les entreprises avec les cours, la demande l’emporte finalement sur l’offre. Le moteur se situe clairement du côté des entreprises, tandis que les cours constituent plutôt des moments de détente, de recul et de réflexion, conformément au sens originel du terme skhole signifiant temps libre, loisir.

    Dès lors un certain équilibre peut s’installer, entre cours et entreprises, entre recul et action, entre théorie et pratique. L’avantage restera cependant toujours du côté des entreprises. Parmi la panoplie d’entreprises, il est probable que chaque élève trouve son bonheur dans l’une d’elles. La théorie peut dès lors venir se greffer sur un substrat personnel et durable. Ainsi les entreprises fondent les cours, et non pas l’inverse.

     

  • Publié le 25 mars 2022
    Porte ouverte 
    Après deux ans de pandémie, le lycée Ermesinde a rouvert sa porte au public le samedi 19 mars. Un nouveau record d’affluence a été battu : plus de 1200 visiteurs. Une fois de plus, le public fut accueilli par de très nombreux élèves : 300, postés à l’accueil, dans les maisons et dans les entreprises. Ainsi la moitié de tous les élèves se faisaient un honneur d’accueillir les nombreuses familles attirées par la philosophie du lycée Ermesinde. Qu’ils en soient félicités et remerciés !

    Les conférences donnèrent une fois de plus l’occasion de remonter aux origines du lycée Ermesinde, de remémorer les états de fait qui avaient poussé les fondateurs de l’école à réagir et à concevoir une alternative. Ils sont essentiellement au nombre de trois : l’acharnement sur les faiblesses, l’isolement des élèves et des professeurs, ainsi que la prédominance de l’apprentissage explicite.

    Il y avait tout d’abord ce fameux paradoxe qui fait que l’école conventionnelle se tourne vers les faiblesses plutôt que vers les forces. Plus un élève est bon en mathématiques, moins il a d’efforts à fournir en mathématiques. Tout ce qu’on attend des élèves consiste à ce qu’ils maîtrisent un programme, tous le même, fait pour tous, donc pas très exigeant, un jeu d’enfant pour les enfants doués dans une matière donnée. Si par contre l’élève a du mal à remplir les exigences minimales dans une branche, tout va rapidement tourner autour de cette branche. Des moyens considérables sont investis pour remédier à la faiblesse révélée dans cette branche particulière. Il s’ensuit souvent un véritable acharnement pédagogique voire thérapeutique qui hélas mènent le plus souvent à de biens piètres résultats. Pendant ce temps, les forces de l’élève restent en jachère. Il va de soi que cette école-là, sacrifiant les forces sur l’autel de l’égalité, ne pratique pas une orientation positive. Le lycée Ermesinde au contraire se tourne résolument vers les capacités et les intérêts de l’élève, dans le but d’édifier un projet personnel réaliste et efficace sur des bases solides.

    Il y avait ensuite la solitude que l’on peut observer dans l’école conventionnelle chez les élèves aussi bien que chez les professeurs. Les élèves se retrouvent seuls dans les devoirs en classe et devant leurs devoirs à domicile. Les professeurs passent la majeure partie de leur temps de travail seuls à leur domicile à préparer leurs cours et à corriger les devoirs des élèves. Or la solitude n’est pas l’ami de l’apprentissage. La pénibilité, la soumission et l’angoisse ne favorisent pas l’apprentissage, tout au contraire, elles s’y opposent. Au lycée Ermesinde, les exigences sont très souvent sociales. Les différents contextes de travail amènent les élèves à partager, à communiquer, à expliquer, à présenter, à écouter, à parler, à argumenter. L’aisance, la gentillesse et l’éloquence des élèves visibles à la porte ouverte en sont les résultats évidents.

    Dans les maisons et dans les entreprises, mais aussi dans les travaux personnels et mémoires passionnés, l’apprentissage est en grande partie implicite, et d’autant plus efficace. C’est la troisième grande critique ayant été à l’origine de la création du lycée Ermesinde : la réduction de l’école conventionnelle à l’apprentissage explicite, plus particulièrement aux compétences techniques, scripturales et reproductives. Le lycée Ermesinde privilégie au contraire le travail engagé portant sur des questions et des contenus d’importance correspondant à des enjeux concrets et réels. Bien des connaissances, des compétences et des techniques y sont apprises et assimilées de manière implicite et durable, comme le prouvent chaque année les excellents résultats des élèves du lycée Ermesinde à l’examen de fin d’études.

    Dix-sept ans après sa fondation, ces trois critiques restent d’actualité et le lycée Ermesinde constitue toujours une alternative utile et recherchée.

     

     

  • Publié le mercredi 2 mars 2022
    Entreprise
     
    Une grande différence entre les cours et les unités d’entreprise consiste à ce qu’un élève ne peut être exclu durablement d’un cours alors qu’il peut être exclu de l’entreprise. Si un élève ne fait pas ses preuves dans l’entreprise, que ce soit par manque de talent ou par manque d’engagement, il n’y a pas sa place, car il heurte les intérêts de l’entreprise et donc ses propres intérêts. Il est alors du devoir éducatif du spécialiste de le virer, afin qu’il ne perde pas son temps ni le temps des autres et qu’il ait le temps de continuer à chercher « sa place » autre part. Il est essentiel que le jeune ait l’occasion d’apprendre dans le cadre protégé que constitue l’école l’importance d’être « à sa place ». Au lycée Ermesinde, si un élève n’a pas sa place dans une entreprise, des structures existent pour aider l’élève à trouver une entreprise qui lui convient mieux. Plus tard, une mauvaise orientation risque de lui coûter beaucoup plus cher. C’est une dimension des entreprises qu’il ne faut pas négliger : faire de la motivation et du talent de leur personnel une nécessité. 

  • Publié le samedi 15 janvier 2022
    Santé mentale
    C’est une expression qui circule et c’est tant mieux. A force de l’entendre mise en relation avec la pandémie, n’oublions pas l’influence de l’école sur le bien-être mental. N’oublions pas que l’angoisse quotidienne générée par l’école peut être considérable.

    La mission de l’école évolue. Il fut un temps où elle était censée libérer et protéger les enfants des travaux sur les champs ou dans les usines, les mettre à l’abri des corvées et des punitions. Si le but de l’école se bornait souvent à apprendre à lire, à écrire et à calculer, il y avait aussi des moments et des lieux où elle allait beaucoup plus loin, dans la culture, la philosophie, la littérature, l’art.

    Aujourd’hui, la culture générale reste officiellement rattachée à l’école, tout comme la transmission des valeurs, mais qu’en est-il vraiment ? L’école n’est-elle pas avant tout un moyen de sélection ? Les contenus sont ce qu’ils sont, mais a-t-on vraiment le loisir à l’école de s’y adonner librement, d’approfondir, de réfléchir, de discuter, d’apprécier, de contempler, bref de se cultiver ? L’évaluation ne prend-elle pas toute la place ? Pour se cultiver, il faut un sentiment de sécurité et de confiance, autrement dit de l’amitié, de la bienveillance, de l’échange, de l’écoute. Or comment imaginer cela sous le regard permanent des enseignants chargés de juger, de comparer, de classer ? Comment l’évaluation constante pourrait-elle ne pas générer de l’angoisse et une pression mentale croissante ?

    En matière de santé mentale, il ne faudra pas se tromper de combat. N’oublions pas l’école, ce qu’elle est devenue, ce que l’économie, la politique, la société, notre civilisation en ont fait.

    Les moyens du lycée Ermesinde pour mettre les élèves à l’abri de l’évaluation permanente sont limités mais réels. Un moyen nouveau destiné à rendre les élèves disponibles à la culture et à l’apprentissage a été discrètement introduit cette année, le 1 décembre. Une lettre a été adressée aux parents et élèves du cycle inférieur avec l’explication suivante : « Nous avons pris cette année l’initiative de « mettre à l’abri » d’un « problématique » sur le bulletin dès le mois de décembre respectivement le mois de mai les élèves dans toutes les branches où l’enseignant estime que de toute évidence l’élève ne court pas de risque à long terme de rencontrer des problèmes majeurs dans son régime d’enseignement actuel. Ainsi, votre enfant n’aura pas de « problématique » sur le bulletin du premier semestre sauf, éventuellement, dans les branches suivantes. » Aucune branche n’a été signalée pour une majorité d’élèves et une seule branche pour un tiers. Espérons que cette nouvelle mesure allège encore un peu la charge mentale de nos élèves afin de leur permettre de mieux travailler et de mieux se cultiver.

     

  • Publié le mercredi 20 octobre 2021
    Examen de fin d’études au LEM : 93% réussite, 27% « excellent », 29% « très bien », 25% « bien »

    La réussite d’une école ne se limite certainement pas à l’examen de fin d’études. Les élèves du lycée Ermesinde ont certainement d’autres atouts à faire valoir à l’université et dans la vie professionnelle et sociale. D’un autre côté, le lycée Ermesinde a toujours considéré le BAC national comme un passage et un ticket utile et nécessaire pour entrer sans problème à l’université. C’est pourquoi il avait résisté à l’époque à l’envie de certains de voir un BAC novateur éclore au lycée Ermesinde.

    Les résultats de cette année sont sans appel : le lycée Ermesinde compte bel et bien parmi les lycées les plus performants du Luxembourg. Notre réussite s’élève à 93%, contre 85% au niveau national. Mais c’est surtout du côté des mentions que le lycée Ermesinde fait la différence : 27% de mentions « excellent » (plus de 52 de moyenne sur 60) contre 11% au niveau national, auxquels s’ajoutent 29% de « très bien » et 25% de « bien ».

    Pour une école axée sur les forces, l’orientation et l’excellence, le contrat est rempli.

    En fin de compte, les élèves sortent du lycée Ermesinde dotés d’une expérience de 6 ans en recherche (travaux personnels et mémoires), d’une expérience de 7 ans en entreprise (8 heures par semaine) et d’un résultat au BAC supérieure à la moyenne nationale.

    Le lycée Ermesinde a tendance à exiger davantage de ses élèves que les autres lycées, à commencer par leur domaine d’excellence.

    D’un autre côté, il commence sa préparation explicite au BAC en classe de 2e seulement.

    Durant les 5 années précédentes, il n’est pas promotionnel, il n’opère pas avec des notes, pas avec des moyennes, pas avec des devoirs en classe standardisés, pas avec des programmes prédéfinis et avec moins de cours.

    Et pourtant le système national continue à croire à la numérisation et à la quantification dans tous les domaines, car il continue à investir dans les critères, dans les programmes et dans toutes sortes de testings.

     

  • Écrit le lundi 5 juillet 2021
    Choix
    Peut-on vouloir trop d’orientation ?
    Entre l’embarras du choix, le paradoxe du choix ou trop de choix tue le choix, les expressions ne manquent pas pour pointer la quantité qui nous hante et qui nous harcèle un peu partout dans nos sociétés de consommation baignées dans l’illusion que tout est et doit toujours rester encore possible pour tout le monde.L’orientation des jeunes n’échappe pas à la règle. Revendiquer le droit de découvrir et d’explorer tous les possibles avant de choisir sa spécialisation est devenu monnaie courante parmi les parents mais aussi les professionnels. L’orientation est la marque de fabrique du lycée Ermesinde. Mais plutôt que de se perdre dans une exploration tous azimuts, le lycée Ermesinde mise sur une orientation de qualité qui ne se réduit pas aux contenus, mais qui touche à l’attitude, à l’engagement et à l’envie. On dit que l’appétit vient en mangeant. C’est une formule qui n’est pas dénuée de sens dans l’orientation. On ne peut pas tout vouloir découvrir avant de choisir. Plutôt que de tout voir, il s’agit de bien faire. Le choix que l’élève effectue au lycée Ermesinde dès son arrivée (projet personnel, entreprise, travail personnel, branches d’engagement) implique une immersion dans des champs et des groupes d’intérêt pour un semestre au minimum. Au cours de cette période, l’élève apprend à coopérer, à convaincre, à vendre, à négocier, à connaître les plaisirs et les contraintes d’une production, les défis et l’efficacité de la transmission entre pairs, ainsi que la satisfaction qui découle d’un travail bien fait ainsi que du contentement d’un public ou d’une clientèle. Autrement dit, il acquiert, indépendamment des contenus, des compétences universelles et transversales d’une grande utilité. Le temps ne permet pas de s’immerger dans un grand nombre de spécialités. Faut-il s’en plaindre ? L’élève finira par s’orienter vers un chemin qui s’est dessiné au fil des choix, des opportunités, des expériences, des sensations intermédiaires. Va-t-il se frustrer de ne pas encore avoir pu découvrir tous les possibles ? Il faut espérer au contraire qu’il franchisse allégrement la porte qui s’est ouverte, en pensant qu’elle s’est ouverte par chance, plutôt que par hasard. L’orientation en devient presque une affaire de destin, un destin que l’élève saura d’autant mieux embrasser qu’il aura connu dans ses expériences préalables la qualité plutôt que la quantité.

     

  • Écrit le jeudi 29 avril 2021
    Education
    Le terme vient du latin : e-ducere, ex ducere, conduire hors de. Hors de quoi ? Conduire hors de quoi ? Hors de l’enfance, vers l’âge adulte, vers la maturité, la participation, l’influence ? En effet, l’enfant veut avoir son mot à dire, très tôt et avec force. Encore faut-il ne pas laisser parler et agir l’enfant dans le vide. Pour se développer, l’enfant a besoin de résistance. Pour gagner en influence, l’enfant doit pouvoir se mesurer. A quoi et à qui ? Toutes les idées qui sortent de la bouche des enfants ne sont pas bonnes. Il serait absurde de les adopter toutes sous prétexte qu’il faille respecter la parole de l’enfant. Ce serait lui manquer de respect, car cela ne lui permettrait pas de grandir, et malhonnête de surcroît. Se mesurer à quoi et à qui ? A ce qu’il n’a pas encore et à ce qu’il n’est pas encore. Si l’enfant n’a pas encore les arguments, il faut lui opposer des .. arguments. S’il n’a pas encore les connaissances, il faut lui opposer des connaissances. S’il n’a pas encore l’expérience, il faut lui opposer de l’expérience. Non pas pour le rendre petit, mais pour le rendre grand. Est-ce que pour autant pour éduquer un enfant il suffit de lui donner un exemple fort, un maître savant, une autorité ? L’histoire de l’école a montré que tel n’est pas forcément le cas. Mais l’histoire moderne n’est-elle pas en train de montrer que le contraire ne fait pas mieux ? Il faut éviter que l’école tombe d’un extrême dans l’autre. Entre opposer à l’enfant une autorité toute savante et toute puissante, d’une part, et le placer sur un piédestal et se plier à sa parole sous quelque prétexte pédagogique ou démocratique, d’autre part, il doit y avoir un juste milieu. La plus simple manière d’é-lever un enfant consiste peut-être à ne pas le traiter spécialement comme un enfant, à oublier sciemment qu’il ne peut en principe déjà avoir toute la maturité, la connaissance, l’expérience, peut-être aussi l’ironie, qu’on lui suppose pourtant délibérément dans l’échange. Il s’accomplit alors souvent une sorte de self-fulfilling prophecy dans le sens où l’enfant met à jour spontanément des capacités surprenantes simplement parce qu’on échange avec lui comme s’il avait précisément toutes ces compétences. E-duquer un enfant revient finalement à exiger de lui la même qualité dans le travail et dans l’échange qu’on veut bien y investir soi-même. Comme souvent, les extrêmes se rejoignent. Laisser toute la place ne vaut pas mieux que prendre toute la place. Les deux cas de figure isolent l’enfant. Il est dans la nature de l’enfant de chercher sa place mais il n’a que faire d’une place dont il constitue le centre. Si toute la place est prise, il est isolé. S’il occupe, lui, toute la place, il n’est pas moins isolé. Dans le premier cas, on l’écarte, dans le deuxième, on s’écarte. La nécessité est le meilleur é-ducateur. La nécessité que peut installer l’école consiste à attendre dès le début de la part des enfants la qualité dont on voudrait bien qu’ils soient capables à la fin. Il faut pour cela que l’école soit une place de qualité, un bain de culture où les enfants apprennent à nager par le simple fait que telle est l’exigence, ou, mieux encore, la normalité.

     

  • Écrit le dimanche 28 mars 2021
    Orientation
    Non, tout le monde n’a ni le talent ni l’envie d’aller à l’université. Les dispositions des jeunes gens sont heureusement infiniment plus variées. Elles l’ont toujours été et elles le seront toujours. Tel l’a toujours voulu la nature humaine et tel l’a toujours voulu l’économie. Tel le veut toujours la nature humaine, mais tel ne le veut plus l’économie, apparemment. La délocalisation, la tertiarisation et la technologisation ont porté un vilain coup aux secteurs de l’agriculture, de l’industrie et de l’artisanat. L’économie ? La mondialisation a certainement une part d’inévitable, mais la politique et la société ne sont évidemment pas si impuissantes et innocentes que cela. Face à la diversité naturelle des talents humains, la hiérarchisation des métiers et des formations et la monoculture scolaire et professionnelle sont des scandales.

    Le lycée Ermesinde est structuré de manière à garantir l’orientation la plus large et la plus honnête possible. Dans cette démarche, ce n’est pas l’économie qui constitue la plus grande résistance. Le marché du travail moderne n’est pas si désespérant que cela. Des productions ont été relocalisées. Les marchés locaux refleurissent. L’entrepreneuriat est revigoré. Par ailleurs, tous les diplômes universitaires ne tiennent pas toujours toutes les promesses que les jeunes gens et leurs parents y associent.

    Au lycée Ermesinde, le tutorat et les maisons permettent dans une certaine mesure de contrer les préjugés et d’empêcher l’orientation négative par exclusion telle qu’elle est malheureusement largement répandue. Il est vrai que, en raison notamment de sa taille humaine qu’il a voulu préserver, le lycée Ermesinde se limite au-delà du cycle inférieur à la préparation aux études universitaires. Tout est fait cependant pour ne pas enfermer les futurs étudiants trop tôt dans une bulle académique. Une part importante du personnel n’intervient pas dans un seul régime ni dans une seule branche et assure le tutorat d’élèves d’âges et de régimes différents, afin de garder une vue large sur les talents et sur les voies professionnelles. Dans les entreprises, le mélange d’âge et de régimes est inhérent et passe presque inaperçu, mais n’en pas moins essentiel. Dans les branches interdisciplinaires, les questions économiques, sociologiques et écologiques sont au cœur des réflexions dès la septième. Tout cela est hélas insuffisant pour libérer l’orientation de tous les aprioris préjudiciables. Il faut espérer que l’opinion publique et la politique finiront par donner meilleur crédit à tous les talents et à voir dans la diversité des vocations et des emplois une utilité et une nécessité économiques, sociales et humaines.

     

  • Écrit le jeudi 25 mars 2021
    Devoir 
    Notre société investit de plus en plus de moyens dans l’éducation. A les analyser de plus près, ces moyens se concentrent sur une multiplication de l’offre et de l’aide. Le nombre de disciplines, d’activités, de cours à option, de stages et de formations ne cesse d’augmenter, à l’école, autour de l’école et dans les loisirs. Jamais autant d’institutions d’accueil, d’encadrement, d’assistance et de loisir n’ont été créées que ces dernières années. On ne compte plus les mesures d’appui, de remédiation, de rattrapage, les assistances et aménagements de toutes sortes venus se greffer sur la vie scolaire et familiale de nos enfants. D’un autre côté, on entend plus que jamais parler de problèmes de concentration, de motivation, de discipline, de respect, d’attitude au travail, de compétences sociales ou d’autonomie.

    L’évolution du lycée Ermesinde est quelque peu en déphasage avec ces tendances. Le mot d’ordre consistait dès le départ à miser sur les talents, les intérêts et les capacités les plus remarquables et les plus prometteurs des élèves. Le lycée Ermesinde se distingue par une communauté soudée et solidaire. L’exigence à laquelle chaque élève est soumis consiste essentiellement à ce qu’il contribue, pour le dire ainsi, à l’enrichissement global de cette communauté, tout comme il sera appelé plus tard à le faire dans l’intérêt de la société et de sa famille. Il est logique qu’il le fasse dans ce qu’il sait faire le mieux. Son propre intérêt, c’est-à-dire la réalisation de son projet personnel, rejoint l’intérêt collectif. L’élève livre cette contribution au niveau de son travail personnel, de son entreprise, de son engagement dans ses deux branches de prédilection et de sa participation aux travaux ayant lieu dans les autres cours. Pour le dire succinctement, le lycée Ermesinde se situe, vis-à-vis des élèves, dans la demande plutôt que dans l’offre. Il y a lieu de croire que c’est la raison essentielle de son succès. Les jeunes gens n’aspirent finalement qu’à cela, contribuer au monde, accéder à une position où ils peuvent se rendre utiles.

    La qualité prend dans cette optique définitivement le dessus sur la quantité. Les élèves renforcent et approfondissent leurs connaissances dans les domaines qui correspondent à leur projet personnel. Ce faisant, ils acquièrent de l’expérience et de la culture générale, car il n’y a pas de meilleur moyen de découvrir la diversité et la complexité du monde que le travail en détail et en profondeur. Quant aux faiblesses, elles ne sont plus considérées que dans la mesure où elles pourraient empêcher l’élève de déployer ses forces et de livrer toutes les contributions dont il est capable dans le cadre de son projet personnel. Nombre des faiblesses les plus citées s’amenuisent par ailleurs au fil d’une carrière scolaire naturellement axée sur les talents des élèves. Il paraît évident que le traitement direct et explicite des faiblesses n’apporte pas toujours la même efficacité que l’apprentissage implicite induit par l’engagement dans une spécialité qui concentre les émotions et ambitions personnelles. Ainsi n’apprend-on pas le mieux à se concentrer là où on le fait par volonté et par nécessité, à parler là où on a quelque chose à dire, à écrire là où on a des connaissances et des raisons pour communiquer ?

    Au lycée Ermesinde, l’offre et l’aide sont finalement supplantées par la demande et le… devoir. Il est vrai que cette vieille notion de devoir a pu prêter à des abus, mais il serait dommageable de s’en priver complètement, tant elle correspond sous une certaine forme exactement au besoin le plus évident des jeunes gens. Le devoir d’identifier au fond de soi-même ses propres ressources les plus utiles et de les mobiliser au profit d’une communauté, de son bien-être, de son enrichissement, y compris de son amusement et de son confort, ce devoir pourrait bien constituer le fond de commerce le plus cher de l’éducation et le meilleur gage de réussite de la jeunesse. 

     

  • Écrit le mardi 23 mars 2021
    Multilinguisme 
    Le multilinguisme constitue une part essentielle du patrimoine luxembourgeois. La maîtrise de trois langues internationales est un avantage certain sur le marché du travail et dans la vie sociale, culturelle et privée. C’est un privilège qui nous est envié dans le monde entier. Le lycée Ermesinde se fixe pour mission de préserver et de renforcer ce privilège, d’en faciliter l’accès et de l’étendre.
    L’école ne facilite pas toujours l’apprentissage des langues. Elle a en effet tendance à recourir exclusivement et précocement à l’écrit et à des méthodes formelles. Or cela ne correspond pas aux aptitudes particulières dont jouissent les enfants. Il est bien connu que les enfants ont généralement des capacités spectaculaires à s’approprier une langue oralement, en apprenant à la comprendre puis à la parler. Les enfants mobilisent bien entendu cette capacité par nécessité plutôt que par volonté, par l’exemple plutôt que par l’instruction, de manière implicite plutôt que de manière séquentielle. Il en est de même de l’écrit. Là aussi, l’apprentissage est alourdi et ralenti par l’emploi exclusif d’une didactique technique et formelle ou d’un enseignement synchrone.
    Le cours de grammaire n’en est pas moins utile et nécessaire, à condition qu’il consiste à perfectionner une langue installée préalablement et parallèlement dans des contextes moins artificiels. Au lycée Ermesinde, les entreprises et les travaux personnels fournissent de tels contextes, tout comme les travaux d’investigation ayant lieu dans les branches interdisciplinaires. Au lieu que la seule langue véhiculaire est l’allemand jusqu’en quatrième, le lycée Ermesinde installe l’allemand et le français en alternance dans toutes les branches dès la septième. Dans les entreprises et dans les travaux personnels, l’allemand, le français et l’anglais sont présents, en plus du luxembourgeois. L’anglais fait aussi l’objet d’un cours dès la septième. Le lycée Ermesinde donne en outre la possibilité d’apprendre le chinois, l’espagnol et le latin, également dès la septième.

     

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